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Jean-Rémy Ayouné: un « intellectuel » en AEF

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Jean- Rémy Ayouné a incarné pendant plusieurs années l’intelligentsia gabonaise au service de l’administration coloniale. Et pourtant, une vingtaine d’années après sa mort, personne ne se souvient de l’un des plus influents conseillers et collaborateurs de Félix Eboué.
Jean-Rémy Ayouné est né le 5 juin 1914 à Assewé. Comme tous les enfants de sa génération, il va à l’école comme pour relever le défi de la civilisation qui s’impose à l’Afrique. Il fréquente donc l’école Montfort qui est l’école qui forme depuis deux décennies l’élite indigène. Cette école fondée et dirigée par les frères de St Gabriel et se trouve à l’endroit même où se situe aujourd’hui lesbureaux de la Présidence de la République.
Il sort de Montfort avec un brevet d’études indigènes et poursuit sa route puisqu’il se rend à Brazzaville où il fréquente la toute nouvelle école des cadres de l’AEF. Il en sort diplômé.
Il entre dans l’administration coloniale en 1936. A Brazzaville, il fait ses classes et gravit rapidement les échelons. Dans la même période, Jean-Hilaire Aubame, Paul Vincent Pounah, René Paul Sousatte et d’autres se font remarquer. Ces succès engrangés par l’intelligentsia gabonaise de Brazzaville fait dire aux administrateurs coloniaux que les Gabonais sont les plus « évolués » et les plus « intelligents » parmi les Aéfiens. Ce qui n’est pas du goût des Congolais notamment. Cette haute considération que les gouverneurs de l’AEF ont pour les Gabonais va même les amener à confier aux Gabonais des postes clés. Jacques Akirémy, par exemple, va être fait greffier principal au Tribunal de l’AEF.
Jean-Rémy Ayouné va se démarquer en publiant en France plusieurs articles et des livres sur la question des relations entre colonisateurs et colonisés mais aussi sur le rôle universel de l’homme noir. Ces ouvrages et articles sont des prouesses scientifiques qui le hissent au sommet de la hiérarchie des cadres subalternes de l’administration coloniale.
En 1940, Jean-Rémy Ayouné est membre du cabinet de Félix Eboué. Il en est même le plus proche collaborateur. Et dans le même cercle, on retrouve Aubame, Sousatte et Pounah. Malheureusement pour eux, Eboué meurt alors qu’il est en vacances dans ses Antilles natales.
En 1942, il crée le journal « L’éducation de la jeunesse africaine ». Ce journal interpellait les africains sur « leur développement et le relèvement de leur race », sur « le rôle de l’évolué » qui consiste à sortir de l’intérêt matériel immédiat » pour se consacrer à « un idéal élevé » afin de « prendre place dans cette cohorte des hommes qui doivent former l’Afrique nouvelle ». La carrière journalistique de JR Ayouné est saluée par l’administration coloniale et les colonisés. Dans ses articles il soutient un gouverneur général aéfien qui mène une politique en faveur des indigènes et qui fait donc les frais de la colère des colons aéfiens. Il a laissé un livre qui est suffisamment révélateur de cette pensée progressiste d’un « colonisé » face à une oppression condamnée à prendre fin. Ce livre a pour titre : « Réflexions sur l’évolution de l’Afrique Noire ».
En 1944, Jean-Rémy Ayouné confirme sa réputation de leader intellectuel avec une intervention remarquable et remarquée par Charles De Gaulle au cours de la conférence de Brazzaville. Ayouné devient alors le « nègre » le plus influent de l’administration l’AEF à Brazzaville. Il connaît tous les dossiers et tous les cadres subalternes.
Il est nommé à la délégation de l’AEF à Paris en 1953 où il reste jusqu’en 1956.
En 1960, il est nommé conseiller à l’Ambassade de la Communauté en Allemagne Fédérale. En 1961, il est le premeir ambassadeur du Gabon en Allemagne fédérale. En 1964, il entre dans le gouvernement formé après le coup d’Etat. Il est alors minsitre de la fonction Publique. En juillet 1968, il revient à la diplomatie en tant que ministre des Affaires Etrangères. Il va donc, au même titre que Joseph Ngoua, bâtir la diplomatie gabonaise. EN 1971, il est ministre de la Justice.
En 1972, il remplace à la tête de la chambre de commerce Jean Wack qui y a passé 21 ans.
Jean-Rémy Ayouné est mort en décembre 1992.

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1 réponse »

  1. Je me souviens très bien de Mr Jean-Remy Ayouné , nous avions été invités dans sa résidence en bord de mer avec ma grand mère Mme attendet marie jeanne , mes parents Yves et monique Legallo et mes frères , c’était une très belle soirée , de magnifiques souvenirs

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